Le château de Marracq à Bayonne

Le nom de Marrac figure dans des archives gascons dès 1489. Le sieur Marrac- ou Marracq - possède une terre située à la campagne, près de Bayonne. » La maison de Marrac «  apparaît pour la première fois dans les registres de baptêmes , de mariages et de sépultures, lors du décès de Monsieur Jean de Sorhaindo, en 1677 , en sa maison appelée Marrac, située hors la porte Saint Léon. Cette maison de campagne devint la propriété de M. de Picot. 
Ce dernier vendit une fraction du domaine à la reine Marie-Anne de Neubourg, qui y fit édifier le château, auquel elle donna le nom de Marracq de Saint-Galmer.

Elle ne voulut jamais l'habiter parce qu'une de ses servantes s'était permis d'y passer une nuit sans son autorisation, et elle préféra aller se confiner à Saint-Michel, maison contiguë à Marracq, et qu'elle loua aussi à M. de Picot. Les héritiers de la reine vendirent Marracq à ce dernier, et lui-même céda le château et le domaine à l'évêque de Bayonne, Mgr de La Vieuxville. Devenu bien national au moment de la Révolution, il fut acquis par un Espagnol réfugié, Rubens de Cœli, et passa ensuite en la possession des frères Marqfoy, qui le vendirent, en 1808, à Napoléon Ier, pour la somme de 60000 fr. Lorsque l'Empereur vint l'habiter, de avril a juillet 1808, l'édifice, prit alors le titre de Château Impérial de Marracq.
 
Napoléon Ier - château de Marracq





Il fut incendié le 22 avril 1824 et ce sinistre fut pendant longtemps attribué à la malveillance.
 Le mobilier impérial qui en avait été retiré quelques semaine auparavant fut vendu aux enchères, et quelques-uns des objets qui le composaient sont encore gardés dans quelques maisons bayonnaises. 
Du château de Marracq il ne subsiste plus aujourd'hui que des pans de murailles.







"Il arrive ! Il arrive !" Dans la nuit qui vient de tomber, les acclamations se répercutent des hauts de Saint-Étienne jusqu'à l'Adour. Les chevaux-légers polonais de l'escorte ont du mal à se frayer un chemin au milieu de la marée humaine qui envahit la chaussée. Les chevaux du carrosse impérial sont dételés, et c'est à bras d'homme que la voiture descend la rue Maubec, jonchée de rameaux de laurier et de buis. En ce 14 avril 1808, et bien que ce soit le Jeudi Saint, toutes les cloches des églises de Saint-Esprit et de Bayonne se mettent à sonner. Les canons de la Citadelle, du Réduit, des allées Boufflers, du Château-Vieux, tirent des salves d'honneur. C'est dans un tohu-bohu assourdissant, au milieu d'une foule exaltée, que l'Empereur découvre Bayonne. Accueilli au milieu du pont de Saint-Esprit par le général de Castellane, préfet des Basses-Pyrénées, il ne s'attarde pas au Réduit, où un arc de triomphe a été dressé, et où le maire Detchegaray lui souhaite la bienvenue. 
Abandonnant son carrosse, il rejoint à cheval le palais des gouverneurs.
La ville a fait de son mieux pour aménager cette demeure, qui fait face au Château-Vieux. Mais Napoléon refuse de s'y enfermer. Il compte y héberger les souverains espagnols, dont il manigance la "convocation" à Bayonne. Il n'est pas question qu'il cohabite avec eux. Le lendemain matin, passant devant le château de Marracq, une des rares propriétés privées situées en dehors de l'enceinte militaire, il trouve le portail ouvert. Il entre, visite les appartements, et se décide sur le champ : c'est là qu'il résidera !
Dès le surlendemain, dimanche de Pâques, il s'y installe. Á midi, un groupe de filles et de garçons dansent devant lui une pamperruque, danse d'honneur traditionnelle réservée aux souverains en visite. Les tentes des chevau-légers polonais sont montées sur le Parterre, devant le perron qui s'ouvre au nord. Sur l'arrière, côté sud, se trouve un parc, avec un jardin à la française, et de grands arbres à l'ombre desquels est installé le camp de la Garde. 


En haut du parc, surplombant la Nive, un pigeonnier offre un superbe panorama sur les montagnes basques. Dès le lendemain de son arrivée, Napoléon y conduira Joséphine, s'amusant de ses frayeurs pour monter l'escalier extérieur dépourvu de rampe.
 

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